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Comprendre un résultat PFAS : PFAS-4, somme des 20, seuil de détection, ng/L et µg/L

Un résultat PFAS, c'est un chiffre, une unité, un code de paramètre, une date, un point de prélèvement et souvent un signe « inférieur à ». Chacun de ces éléments peut changer le sens du tout. Ce guide explique ce que chaque champ d'une page de commune veut dire, et pourquoi nous affichons « aucun PFAS détecté, moins de 4 ng/L » là où d'autres afficheraient « conforme ».

D'où vient le chiffre

Tout ce que vous lisez sur une page de commune vient du contrôle sanitaire des Agences régionales de santé. Un laboratoire agréé prélève l'eau au robinet d'un point du réseau, l'analyse et publie le résultat dans la base nationale, que l'API Hub'eau rend accessible à tous [1]. Nous ne mesurons rien nous-mêmes. Nous lisons, nous convertissons, nous comparons, et nous mettons à jour chaque semaine.

Depuis le 1er janvier 2026, la recherche de 20 PFAS est obligatoire dans ce contrôle, pour toutes les communes [5]. Avant, elle dépendait de l'ARS et du contexte local. C'est pour cela que certaines communes ont trois ans d'historique et d'autres un seul prélèvement.

L'unité, d'abord

Les laboratoires publient en microgrammes par litre, µg/L. Nous affichons en nanogrammes par litre, ng/L. Un microgramme fait mille nanogrammes. La limite européenne de 0,1 µg/L devient 100 ng/L. Le seuil suédois de 0,004 µg/L devient 4 ng/L. Notre repère de 0,0005 µg/L devient 0,5 ng/L.

Nous faisons cette conversion parce que les décimales trompent. « 0,012 µg/L » a l'air de rien. « 12 ng/L », c'est trois fois la limite suédoise. Même chiffre, lecture différente.

Les deux sommes qui comptent

La somme des 20 PFAS porte le code Sandre 8847 [2]. C'est le paramètre réglementaire, celui dont la limite est 100 ng/L. Les 20 substances sont des acides perfluorés de 4 à 13 carbones, dix carboxyliques et dix sulfoniques, listés dans le décret de décembre 2025 [5].

La somme des 4 PFAS, PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS, porte le code 9268 [3]. Ce sont les quatre que l'EFSA a évalués ensemble et pour lesquels elle a fixé sa dose hebdomadaire tolérable [11]. C'est cette somme que nous comparons à notre repère de 0,5 ng/L, et que le HCSP compare à 20 ng/L [7]. Le paramètre n'existe dans le référentiel national que depuis le 25 avril 2025 [3]. Pour les prélèvements antérieurs, nous additionnons nous-mêmes les quatre substances quand elles sont publiées séparément.

Le piège, c'est que la somme des 20 peut être élevée avec une somme des 4 basse, et l'inverse. Les PFAS à chaîne courte, PFBA ou PFHxA, gonflent la somme des 20 sans peser dans les quatre. Une commune peut donc être « conforme » à 100 ng/L et très au-dessus de notre repère, ou l'inverse. Regardez les deux. Nous expliquons pourquoi les pays ne choisissent pas la même somme dans le comparatif des limites.

Le signe « inférieur à », et pourquoi il change tout

Quand vous voyez « <0,004 », le laboratoire dit qu'il n'a pas pu quantifier la substance et que sa limite de quantification était de 0,004 µg/L, soit 4 ng/L. Ce n'est pas zéro. La vraie valeur est entre 0 et 4 ng/L. Personne ne sait où.

La directive européenne exige seulement que la limite de quantification soit au plus 30 % de la valeur paramétrique [4]. Pour la somme des 20 à 100 ng/L, un laboratoire est donc en règle avec une limite à 30 ng/L. Dans les faits, les laboratoires français font bien mieux, en général 1 à 5 ng/L par substance. L'Anses, dans sa campagne nationale, quantifiait le PFOA à partir de 2 ng/L [6]. Mais « bien mieux » reste au-dessus de 0,5 ng/L.

Les laboratoires, en France comme en Allemagne, ne comptent pas les valeurs sous la limite dans les sommes [8]. Une eau avec quatre substances toutes « <4 ng/L » a une somme des 4 publiée à zéro. Sa vraie somme peut aller jusqu'à 16 ng/L. C'est pourquoi nos pages affichent « aucun PFAS détecté » avec la borne « < 16 ng/L », et non zéro. Quand tous les composants sont non détectés et que la limite dépasse notre repère, nous refusons de dire « sous 0,5 ng/L ». Nous disons ce que le laboratoire a cherché, ce qu'il n'a pas trouvé et ce qu'il n'aurait pas pu voir. D'autres afficheraient « conforme ». Les deux sont vrais. Le second est moins utile.

À l'inverse, une somme construite sur des non-détections comptées à zéro est un plancher. Elle peut prouver un dépassement, jamais un passage. C'est pour cela que la mention « au moins » apparaît sur certaines moyennes.

La date et le point de prélèvement

Une commune peut être alimentée par plusieurs réseaux, appelés unités de distribution, avec des eaux d'origines différentes. Lyon en a plusieurs. Quand c'est le cas, nous indiquons le réseau et nous construisons l'historique sur le réseau le plus souvent échantillonné. Si votre adresse est sur un autre réseau, votre eau peut différer. Votre mairie sait lequel vous alimente.

La date compte autant que le chiffre. Un résultat de 2023 sur une commune où un captage a été déconnecté depuis ne dit plus rien de l'eau d'aujourd'hui. Nous affichons la date du dernier prélèvement et la date de notre dernière mise à jour séparément, parce que ce sont deux choses.

Un prélèvement ou une tendance

Les PFAS varient d'un prélèvement à l'autre. Le laboratoire change, la saison change, le mélange de captages change. Le HCSP demande de confirmer un dépassement sur la médiane d'au moins quatre mois de suivi sur deux saisons, et d'intégrer une incertitude élargie de 30 % sur chaque mesure [7]. Aux États-Unis, la conformité se juge sur une moyenne annuelle glissante, jamais sur un résultat [9].

Nous faisons la même chose. La section historique de chaque commune montre tous les prélèvements depuis 2023, et le résumé donne la moyenne des douze derniers mois. Nous n'écrivons « en hausse » ou « en baisse » qu'avec au moins trois valeurs quantifiées et un écart d'au moins 25 % et 1 ng/L entre le début et la fin. Un seul chiffre qui monte n'est pas une tendance. Et si le dernier prélèvement est non détecté, nous ne disons jamais « en hausse », quoi que montrent les précédents.

Pourquoi une moyenne et pas un pic

Parce que c'est ainsi que le corps compte. Le PFOA met 2,7 ans à baisser de moitié dans le sang, le PFOS 3,4 ans, le PFHxS 5,3 ans [10]. Ce que vous buvez se lisse sur des années. Un pic à 8 ng/L un mois puis 1 ng/L le reste de l'année pèse moins qu'une eau stable à 3. La dose hebdomadaire de l'EFSA est un budget de long terme, et c'est à ce budget que nous comparons [11].

La lecture en trente secondes

Questions fréquentes

Que veut dire « <0,004 » sur un résultat PFAS ?
Que le laboratoire n'a pas pu quantifier la substance, et que sa limite de quantification était de 0,004 µg/L, soit 4 ng/L. Ce n'est pas zéro. La vraie valeur est quelque part entre 0 et 4 ng/L. Nous l'affichons comme « non détecté » et nous la comptons comme zéro dans les sommes, ce qui en fait un plancher.
Quelle est la différence entre ng/L et µg/L ?
Un microgramme, c'est mille nanogrammes. La limite européenne de 0,1 µg/L, c'est 100 ng/L. Notre repère de 0,5 ng/L, c'est 0,0005 µg/L. Les laboratoires et Hub'eau publient en µg/L. Nous convertissons tout en ng/L parce que les limites strictes se lisent mieux ainsi.
Pourquoi la somme des 4 PFAS manque sur certaines communes ?
Le paramètre « somme de 4 PFAS » n'existe dans le référentiel Sandre que depuis avril 2025. Avant, les laboratoires publiaient les 20 substances séparément et nous additionnons nous-mêmes les quatre. Quand ils n'ont publié que la somme des 20, nous ne pouvons pas isoler les quatre et nous le disons.
Pourquoi ma commune affiche « aucun PFAS détecté » avec « < 4 ng/L » et non zéro ?
Parce que tous les composants de la somme sont sous la limite de détection du laboratoire, et que cette limite est plus haute que notre repère. Une eau à « <1 ng/L » pour chacune des quatre substances peut être à 0 comme à 4 ng/L pour leur somme. Nous affichons donc la borne haute, « < 4 ng/L », et nous précisons combien de fois notre repère de 0,5 ng/L le laboratoire aurait pu manquer. Nous refusons de la déclarer sous 0,5 ng/L sans preuve.
Comment calculez-vous la tendance ?
Nous prenons la moyenne des douze derniers mois sur le réseau principal de la commune, et nous ne parlons de hausse ou de baisse qu'avec au moins trois valeurs quantifiées et un écart d'au moins 25 % et 1 ng/L. Si le dernier prélèvement est non détecté, nous ne disons jamais « en hausse ».

Sources

  1. Hub'eau: API Qualité de l'eau potable (the public dataset behind every commune page, from the ARS sanitary control)
  2. Sandre: paramètre 8847, somme des 20 PFAS
  3. Sandre: paramètre 9268, somme de 4 PFAS (PFOS, PFOA, PFNA, PFHxS), created 25 April 2025
  4. Directive (EU) 2020/2184, Annex III Part B: laboratories must reach a limit of quantification of 30% or less of the parametric value
  5. Décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025: the 20 PFAS in the French sanitary control, plus TFA and 6:2 FTSA from 2027
  6. Anses (2025): Campagne nationale de mesure de l'occurrence de composés émergents dans les EDCH, PFAS et US-PFAS (per-compound limits of quantification, table 2)
  7. HCSP (9 July 2024): avis PFAS dans les EDCH (20 ng/L for the sum of four, 30% expanded uncertainty, confirmation on the median over two seasons)
  8. Trinkwasserverordnung 2023, Anlage 2: values below the limit of quantification are not counted in the PFAS sums (German rule, same logic as French laboratories)
  9. US EPA: PFAS national primary drinking water regulation (compliance measured on running annual averages)
  10. Li et al. (2018), Occupational & Environmental Medicine: half-lives of PFOS, PFHxS and PFOA after end of exposure (2.7, 3.4 and 5.3 years)
  11. EFSA (2020): tolerable weekly intake of 4.4 ng/kg bw for the sum of PFOA, PFOS, PFNA and PFHxS

Ce site est un projet de données, pas une source officielle. En cas de doute, consultez votre distributeur d'eau ou les autorités locales.